Inadmissible !
Ce que vit la Polynésie française est une prise d'otages. Pour les caprices d'une poignée de syndicalistes, les avions sont cloués au sol depuis jeudi. Le trafic de l'aéroport "international de tahiti" est suspendu aux humeurs de quatre pompiers grévistes !!! Oui vous lisez bien pas 5000 manifestants, non 4 types qui ont le pouvoir de paralyser tout le trafic aérien d'un territoire français faut-il le rappeler. 4500 touristes dont 2000 à Tahiti et 2500 à l'étranger de Hawaii à LA en passant par Paris et Auckland sont au coeur de ce conflit politique. Un bras de fer pour faire chuter le gouvernement. Car il faut être clair, cette histoire de caisse de chomage ne tient pas la route. Une telle décision ne peut pas se faire dans l'urgence d'un conflit, mettre au point une telle caisse est un projet qui doit être pensé, discuté, calculé, planifié afin d'être efficient. Car le nerf de la guerre c'est l'argent et le territoire n'en a pas !
Alors de France, on s'imagine que le week-end a été un marathon de négociations, jusque tard dans la nuit... Eh bien non. Vendredi matin, déjà il y avait match de foot... non non vous ne rêvez pas !!! Samedi un peu de blabla, et puis après c'est le week-end !!! Sacré le week-end ici, le président du pays d'ailleurs a été festoyé dans les jardins de la mairie de Papeete, tout sourire, détendu et serein en remettant l'écharpe de Miss Dragon à une beauté chinoise... une bien belle soirée qui devrait ravir les touristes coincés sur le territoire, privés de leur droit le plus légitime celui d'aller et venir, de circuler librement dans un état de droit... A l'état, là c'est drôle aussi. Le préfet local appelé Hautcommissaire a pris le temps pour réfléchir son communiqué de presse... on s'attendait à une prise de position énergétique comme la loi organique le prévoit en cas de défection du gouvernement local dans sa mission d'assurer la sécurité de la population et le bon fonctionnement normal des services publics, en lieu et place une pauvre missive pour appeler tout le monde à la raison. Ah oui, il dit aussi qu'il va réquisitionner des pompiers, oui mais encore faut-il leur mettre la main dessus... A suivre donc en attendant les conséquences de cette grève sont innombrables, citons en une : les évacuations sanitaires impossibles avec mise en danger des patients.
En termes d'images c'est désastreux aussi, Air tahiti annonce l'annulation de 1200 réservations de clients à destination de Tahiti, tu m'étonnes on les comprends... la lune de miel peut vite tourner au vinaigre ici à raison de 100 à 150 euros la nuit d'hôtels, le séjour peut vous coûter très, très cher !!! Ah pour finir la phrase qui tue est signée du président du pays, le maire de Bora Bora "les syndicalistes sont des gens responsables"... faut-il qu'ils les craignent pour dire cela...


Commentaires
Je tombe ce jour sur ton ''billet d'humeur'' concernant le blocage de l'aéroport.
J'ai vécu 7 années à Tahiti (2001-2008), et je me suis rendu compte que les grèves de ce style étaient en fait un sport, pratiqué par les représentants syndicaux ( entre autre le barbu dont j'ai perdu l'identité) dans le seul but de montrer leur existence. Il y a très rarement une issue valide à ce genre de conflit, car il n'y a jamais de VRAIES revendications, bien cernées et ne comportant qu'un ou deux points. Il faut savoir que les dits représentants ne bossent pas car payés par le syndicat lui même. Dans le cas d'espèce , le haussaire a manqué de courage, son prédécesseur (Anne Boquet) n'aurait pas hésité à réquisitionner.Comme je ne suis pas sur place et me contente des sites internet des organes de presse locaux, je ne sais pas si la route a été bloquée, ça je l'ai vu souvent, parce que c'est facile, il suffit de mettre des camions de travers sur le passage de la Tipaerui d'un côté et sur le Prince Hinoï de l'autre.
Pour une fois, ici, en métropole, nous avons été partie prenante dans cette grève, car nous attendions notre petite filleule de 6 ans, dont les parents ont accepté de nous l'envoyer par avion, seule. C'est une petite tahitienne de Mahina et nous avions été très fiers lorsque les parents nous avaient demandé, à nous, des popa'a, d'être ses parrains. Par chance ça s'est débloqué à temps et elle a fait partie des prioritaires, mais nous avons eu bien peur de ne pas pouvoir la voir.
nana