L’Acantaster, taramea en tahitien, une étoile de mer qui se régale du corail vivant est de retour dans les eaux polynésiennes. Certains baigneurs sont prêts à se retrousser les manches pour retirer à la main ces épineuses étoiles qui vampirisent le corail, le faisant passer de vie à trépas. Pour les scientifiques, retirer « épisodiquement les Acantaster ne sert à rien », ils prônent « un travail sur le long terme et sur la bonne santé du récif ». Ce n’est pas la première fois que la taramea fait des ravages. Il y a eu déjà deux épisodes d’envergure en 1979 et en 1986, 20 à 30% du récif avait été amputé, à certains endroits les ravages ont été terribles, près de 90 % de corail détruit.

S’il s’agit effectivement à l’origine d’un phénomène naturel cyclique, l’homme a contribué à son accroissement en faisant disparaître du lagon son principal prédateur, le Triton. Ce gigantesque escargot de mer est en voie de disparition à cause de la surexploitation du lagon, or il le seul prédateur de l'Acantaster « adulte », les orihi et les balistes se régalant dès « petits » Acantaster. Le blanchissement des coraux reste un phénomène encore largement méconnu, mais il est évident qu'il s'agit d'une réaction forte à des épisodes de stress.

Les récifs en bonne santé sont normalement capables de reconstituer naturellement leur couverture corallienne et la diversité spécifique qui s'y associe. S’ils sont en mauvais état, les effets conjugués des activités humaines, de la prédation par l'étoile de mer Acantaster planci, des maladies coralliennes, de l'intensification prévisible des phénomènes de blanchissement et des dégâts provoqués par les cyclones risquent de dépasser les capacités de récupération de beaucoup d'écosystème récifaux. La Polynésie et ses 12 800 km2 de récif est relativement protégée, sa pente externe est en bon état et l’absence d’événement climatique ravageur, tels que les cyclones peu courant dans ses eaux, épargnent les récifs. Il faut néanmoins être prudent car un récif en mauvais état peut mettre une trentaine d’années à récupérer ce qui expliquent les mesures de prévention mise en place localement (réseaux de surveillance Reef Check et comité Ifrecor) Les prévisions d'une fréquence accrue des cas d'élévation anormale des températures de la mer rend plus urgente encore la nécessité de réduire ou d'éliminer autant que possible les facteurs de stress d'origine humaine même en Polynésie.