Merci Mel de me donner l'occasion d’évoquer la mouche pisseuse. Tous les nouveaux arrivants ont vécu, ça, vous roulez en voiture ou pire... vous vous baladez à pied et à un moment vous recevez des gouttes en passant sous les arbres. On se dit tient, il pleut ? Eh bien non, ce sont les "mouches pisseuses" !

La mouche pisseuse (Homalodisca coagulata) appartient à la famille des cigales et des pucerons. Elle n'a rien d'une mouche. Elle mesure entre 15 et 20 mmm. Son surnom de « mouche pisseuse » provient d'une particularité étonnante. Comme toutes les cicadelles, c'est un insecte suceur de sève. Il s'installe sur les jeunes rameaux et les feuilles et au fur et à mesure qu'il pompe de la sève, excrète une quantité incroyable d'urine, entre cent et mille fois son propre poids chaque jour. Cette particularité s'explique par la très faible teneur en protéine de la sève. Dans les zones où elle est commune cette « mouche pisseuse » est responsable d'une fine pluie légèrement sirupeuse à l'ombre des arbres.

La légende de la mouche pisseuse de Polynésie raconte que ce serait la femme de l'ancien président du Pays G.F qui aurait introduit en 1999 l'insecte au Pays en important une plante en provenance de Californie contenait des larves... La surveillance phytosanitaire serait passée à côté. Quoi qu’il en soit la Cicadelle pisseuse a bien été introduite illégalement de Californie. Elle s’est vite acclimatée à la Polynésie faisant de nombreux ravages dans la flore locale. La « mouche » est le vampire des arbres. Elle suce leur sève, un seul spécimen peut ingérer 100 fois le poids de son corps ! Les plantes infestées se dessèchent complètement ! L’impact sur la flore est important, les plantes qui résistent sont moins rentables, le fleurissement est moindre et les fruits plus petits. Loin de se contenter de vider la sève des arbres et plantes, la Cicadelle en profite aussi pour les transmettre une bactérie la Xyllela qui bouche les conduits de sève des arbres qui risque de s’assécher.

Micro-guêpe 1 - mouche pisseuse 0




Des chercheurs américains planchent sur ce fléau depuis des années, ils se sont engagés dans la lutte biologique, mettant en scène la micro-guêpe. Cette brave petite guerrière s’introduit dans l’œuf de la Cicadelle, tue la larve et se reproduit… Le test réalisé à Tahiti a montré que l’éradication de la mouche pisseuse par la micro-guêpe sur la zone test était de 98% ! Des résultats encourageants. Les tests vont se poursuivre pendant environ un an et demi. A terme, l’ensemble des archipels de Polynésie française concerné par la mouche pisseuse accueilleront des micro-guêpes.