Samedi, 11h30, branle bas de combat dans le fare d'Arue. Vite, vite, le bateau part à 12h. Paniers à provisions, glacière pour la pêche, chaussures de plage, serviette, thé "breakfast"... direction le quai des ferry. Mahi Mahi n’a pas fini son café, qu’à cela ne tienne, il conduit tout en le buvant à petites gorgées.
11h46. C’est notre quatrième virée à
Moorea (12 000 habitants). Aujourd'hui, ce sera le
Moorea ferry, le plus ancien des bateaux navettes qui effectue le parcours Papeete-Moorea. Deux billets adultes, un voiture... 8600 FCP (470 FF, 71 euros) A/R. ça y est. Le ferry quitte Tahiti... C'est parti pour deux jours de vacances. L’embarcation me rappelle le bateau qui réalise la navette entre Pointe à Pitre et Fort de France, un gros rafiot avec un grand salon doté d’un bar cantine et équipé d’une vieille télé. Les fauteuils sont vieillots, mais confortables.
Après 50 mn de navigation, Moorea est à qlq encablures. Nous scrutons les flots à l'entrée de la passe nourrissant l'espoir de voir des dauphins sauter...
OH, OH, aujourd'hui ils sont au rendez-vous, toutes une bande de joyeux lurons qui bondissent et plongent devant le bateau. Magnifique ! Mahi Mahi attrape son appareil photo et clic, clic... Dommage… les dauphins sont plus facétieux que les gars du GIP… Les dauphins en rigolent encore, juste une queue et un dos...
13h, l'embarcadère de Moorea est en vue. Les hauteurs de l'île soeur au relief acéré à la végétation dense et d'un vert foncé velouté lui confèrent une allure mystérieuse. La quitter à la nuit tombée est terrifiant, plus on s’éloigne de la côte plus l’île apparaît menaçante…
Le Ferry accoste.

Nous descendons jusque dans la soute pour monter à bord de notre voiture. Très excités de nous retrouver enfin dans notre petite île préférée. Une étape au magasin Champion pour acheter qlq vivres et hop direction Haapiti.
Christophe le gardien des lieux est là. Assis devant un verre de rouge, les cheveux gris attachés en arrière, un paréo en guise de short.
A ses pieds, nous faisons la connaissance de « Betty Boop » une adorable chienne …

demi « jenesaisquoi ». On boit un verre (deux pour Mahi Mahi) avec notre nouvel ami qui nous raconte son parcours « ancien militaire qui a travaillé à Tahiti et qui est revenu y changer de vie à l’heure de la retraite ». Un classique ici. Depuis, l’ami totof a bourlingué jusqu'à dégoter un job de gardien de bungalows, il peint à ses heures perdues et ne supporte pas de devoir aller « à la capitale » entendez : Papeete.
L’homme est sympathique et très très décontracté, « Zen » « Zéro stress » pour l’ami totof d’Haapiti. «Cool comme boulot… se dit Mahi Mahi dont l’œil pétille… Et pourquoi pas.

Nous prenons enfin possession de notre fare (maison). Simple et très spartiate. Le pommeau de douche est cassé, il n’y a qu’un bol et qu’un couteau pour deux. Très limite. La bouteille de gaz est comme d’habitude aux ¾ vide. Et, cerise sur le gâteau l’ami Totof nous a signalé que le proprio avait décidé d’augmenter ses tarifs, passant la location du bungalows d’environ 18 m2 de 5000 FCP la nuitée à 10 000 FCP. Pour deux nuits, nous avons payé 14500 FCP. (Environ 110 euros, 780 FF). ça commence à faire cher, bon c’est vraiment que l’on adore le cadre de cette plage du
Tiki village, mais quand même.
Depuis je me suis renseignée et on pourrait trouver à prestation égale (c'est-à-dire –rien- si ce n’est le verre de rouge de Totof) bien moins cher. On verra la prochaine fois.
Après un déjeuner léger, salade courgette, tomate, oignon, gruyère, (au singulier et pour cause) une pause lecture des journaux locaux, pas passionnants soit dit en passant, voire même chiants… DGDE et recours contre le budget… Beurk ! Nous partons à la plage, Mahi Mahi la canne sous le bras, les crevettes dans le tuperware, prêt à en découdre avec les poissons du lagon.
Monsieur Baliste a répondu présent... Il a bien vite retrouvé son eau !
Moi, avec mon maillot de bain à paillettes, mon masque, mon tuba et mes chaussures (anti poisson-pierre), j'avais fière allure !!! Je pars explorer les alentours. Patates de coraux, anémones de mer, poissons rouge vif, jaune citron, blanc nacré, bleu violacé…Je regrette déjà d’avoir oublié mon appareil photo. En soirée, nous partons découvrir la table de
l’hôtel Les Tipaniers. 18/20 ! Selle d’agneau au chèvre sauce bordelaise et frites maison. C’est très fin, la portion est adéquat, le plat savoureux. Hum, une délicieuse soirée.

Debout la dedans ! Il est 11h, on prépare rapidos les sandwichs courgette, tomate, jambon (faut bien recycler les mets non consommés de la veille), le tout dans la glacière, je bavarde avec une petite fille à la frimousse rieuse qui joue avec «Betty Boop» qu’elle appelle « pt’it bout » je pense qu’elle a mal compris le nom de baptême de la petite chienne. En Tahitien il n'y a pas de "b", mais avec l'accent un Français peut entendre "p" et inversement prendre les "b" pour des "p". Par exemple, Bora Bora est l'interprétation française du nom tahitien de cette île qui s'appelait Pora-Pora.

J’offre une gamelle d’eau fraîche à mes nouvelles copines avant d’attraper mon panier de plage et direction une plage déserte eaux turquoises et sable blanc (ce n’est pas ce qui manque en Polynésie).
En chemin, Mahi Mahi décide de faire une pause « jus de fruits frais » dans un snack baptisé
Maohi Beachque nous avions repéré. Une sorte de resto en pleine air avec une statue d’un maohi géant à l’entrée et une vue plongeante sur une grande plage.

L’endroit nous séduit tellement, que nous y passerons toute la journée…
Lors de ma balade en quête de bénitiers,
j'ai découvert une cabane de pêcheur, tôles ondulées et parabole pour la télé satellite ! La modernité à la sauce maohi !

Les Polynésiens se foutent éperdument de l'habitation, ils ont souvent de frêles fare qui tiennent à peine debout, mais par contre ils ont des téléphones portables "dernier cri" et de rutilants pick up. Chacun voit midi à sa porte comme qui dirait !
La soirée s’achèvera par un festival sons et lumières offert par Dame Nature sur la terrasse de
l’Hibiscus.
Et, à 4h du matin, le réveil sonna… Direction l’embarcadère… Il faut retourner à Papeete travailler !